L’ISSB, un organisme au service des investisseurs ou de la durabilité ?

Cet article analyse les choix de l’International Sustainability Standards Board (ISSB) qui semble privilégier une vision étroite de la durabilité, axée uniquement sur la matérialité financière. L’auteur s’interroge sur les véritables “besoins” des investisseurs que défend l’ISSB, remettant en cause la prédominance de la maximisation des profits à court terme. Il pointe du doigt le risque d’accaparement des enjeux de durabilité par certains intérêts financiers réticents à un changement de paradigme plus écologique.

Points clés

  • L’ISSB a récemment élargi son agenda de recherche pour inclure les risques et opportunités liés à la nature et au capital humain
  • Cependant, la perspective de l’ISSB reste centrée sur la seule matérialité financière, négligeant les impacts réels des entreprises sur l’environnement et la société
  • L’ISSB justifie ses choix en se basant sur les “besoins des investisseurs”, qu’il semble réduire à la seule maximisation de la valeur financière
  • Cette vision s’oppose à une conception plus “classique” de la finance, axée sur l’accompagnement à long terme des entreprises
  • Certains investisseurs institutionnels remettent en cause cette focalisation excessive sur la valorisation du capital
  • La Chine a adopté une réglementation basée sur la “double matérialité”, contrairement à l’approche de l’ISSB
  • L’ISSB semble ignorer les impacts sociaux et environnementaux, au profit d’une vision étroite servant les intérêts d’un petit nombre d’acteurs financiers

À retenir

Il semble que l’ISSB soit davantage préoccupé par les intérêts des investisseurs les plus voraces que par une véritable prise en compte des enjeux de durabilité. En défendant coûte que coûte une vision axée sur la seule matérialité financière, cet organisme risque de se faire le champion d’une finance déconnectée des réalités écologiques et sociales. Espérons que l’ISSB saura rapidement élargir sa perspective et intégrer une approche plus holistique, à l’image de ce qui se fait déjà en Chine. Sinon, on peut craindre que ses normes ne deviennent qu’un simple “vernis vert” pour masquer les pratiques les plus polluantes et irresponsables.

Sources